ANTHEDEMOS

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Anthedemos (Milon) est un.e diseur.se de folle aventure qui transforme ses narrations en formes de vie. A la croisée des pratiques, entre théâtre, performance, sculpture, vidéo, musique et chant, son travail déploie des récits comme on invente des mondes : en mélangeant terre, chair et mots. Dans sa
fantasmagorie, matrice protéiforme et mouvante, chaque pièce semble ménager un accès à une dimension alternative, à une ligne de fuite ou à un angle mort de la réalité. Celle-ci prend place dans un décor prosaïque (un salon, un champ ou
une forêt) métamorphosé en un tiers-lieux de l’imagination, un territoire hétérotopique1 placé entre actuel et virtuel. Pour le mettre en scène, Anthedemos (Milon) a développé une plasticité queer and craft portée par une esthétique cyber-médiévaliste et un sens appuyé du beau bizarre, flirtant parfois avec le mauvais goût. Jouissant avec sérieux de son esprit d’enfant, elle confectionne elle-même tous les éléments visuels de sa dramaturgie (masques, couronnes, costumes, décors et accessoires) en empruntant ses formes au bestiaire dionysiaque, aux figures de carnaval ou à l’iconographie de la chevalerie. Ses fictions tiennent ainsi tout à la fois du conte, de la fable, de l’épopée, du mythe, de la légende, de l’utopie et du récit de science-fiction. Elles ont la texture souple des rêves et l’imprévisibilité d’une fête, même si dans ces terrains vague-à-l’âme, la joie profonde se paie toujours au prix d’une certaine mélancolie. Peuplé de créatures dissidentes et d’anti-héro·ïne·s magnifiques, l’univers d’Anthedemos (Milon) forme une cosmologie en soi, un dispositif à métamorphoses d’où la vie surgit en mutante.

Son écriture est à son fondement performative. Qu’elle soit discours, récit, chanson ou poésie, c’est toujours elle qui, en souterrain, initie ses actions et ses formes plastiques. Chaque pièce en appelle à sa dramaturgie, chaque geste traduit son récit propre, chaque note de musique invite à la parole. Son
approche poétique du monde s’appréhende à la manière d’une littérature en actes et en images, comme une façon pour les mots de prendre corps et pour l’imaginaire de s’offrir à la vue. La performativité s’entend également ici dans le sens de la construction identitaire. Chaque personnage œuvre en effet, en creux, à la sculpture de son être pluriel, à la fois chevalier cyborg, prêtresse féministe, pèlerin mystique, ado post-punk et dandy prophète.

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Crédit photos : Gita 

source photo : anthedemos.com

Ces profils, comme leurs
dispositifs de représentation, sont marqués par le sceau du double, le plus
souvent articulés à une projection sur écran qui rend l’espace de représentation bicéphale. Dans Hypéroïne, cette frontière déjà poreuse éclate, le personnage de fiction rejoignant la scène du réel, quand dans Herosynthèse, qui voit naître Anthedemos, l’actuel et le virtuel fusionnent dans un concert à deux voix jumelles, placées de part et d’autre de l’écran. Mondes parallèles, duos2 et alter-egos, ces figures du deux lui permettent de travailler le motif de l’Autre dans des « je » de rôle hallucinés, eux-mêmes engagés dans des quêtes solitaires ou dans des rapports de force, qu’ils soient combat, dialogue ou relation amoureuse. Ce principe est particulièrement manifeste dans Miroir et Pilori, là où les reflets narcissiques le disputent aux bris de verre, film dans lequel Milon (pas encore Anthedemos) théâtralise le rapport à l’Autre, à ces soi alternatifs qui sont
aussi, irrémédiablement, des altérités en soi.
(...)

Texte : Florian Gaité

plus d'infos : 

http://anthedemos.com/

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anthedemos@gmail.com

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